L’argent a connu en 2025 sa meilleure performance depuis 1979, avec un gain proche de +90 %, dépassant celle de l’or. Le métal est passé de moins de 12 $ l’once en 2020 à environ 60 $, porté par des contraintes d’offre structurelles et une demande industrielle croissante.

Les moteurs de la hausse

Une offre en tension : depuis 2021, le marché de l’argent connaît des déficits chroniques, faute de nouvelles mines primaires, tandis que la demande industrielle issue du photovoltaïque, de l’électronique et des technologies électriques continue de progresser.

Un contexte géopolitique porteur : les incertitudes internationales, les baisses de taux américaines et les tensions commerciales ont renforcé l’attrait de l’argent comme valeur refuge. Le Silver Institute anticipait une hausse de 7 % de la demande d’investissement pour 2025.

Un marché resserré : les stocks en entrepôt — notamment à Londres — ont nettement diminué, une partie du métal ayant été relocalisée vers les États-Unis en anticipation de possibles perturbations logistiques, ce qui contraint encore l’offre mondiale.

Les prévisions pour 2026

Les grandes banques avancent des fourchettes de prix variées :

  • UBS anticipe une fourchette de 55 à 60 $ l’once pour le milieu de l’année 2026
  • Des scénarios plus offensifs évoquent 75 à 90 $ si les déficits persistent

Une perspective à horizon 2030

Certaines analyses estiment que l’offre d’argent ne pourrait couvrir que 62 à 70 % de la demande totale d’ici 2030. La seule demande de l’industrie photovoltaïque pourrait atteindre 10 000 à 14 000 tonnes par an, soit 29 à 41 % de l’offre totale — un déséquilibre structurel qui diffère des bulles spéculatives des années 1970.

L’absence de nouvelles mines d’argent primaire limite l’offre alors que la demande continue de croître, créant une pression haussière durable sur les prix.