Le marché mondial de l’argent reste sous tension. Selon le Silver Institute, le déficit mondial devrait atteindre 46,3 millions d’onces en 2026, soit une hausse de 15 % par rapport à l’année précédente — une sixième année consécutive où la demande dépasse l’offre disponible.
Un déficit qui devient structurel
Ce déficit anticipé pour 2026 n’est pas un simple accident de marché : il prolonge une tendance observée depuis plusieurs années, où la demande mondiale dépasse systématiquement l’offre. Selon Reuters, environ 762 millions d’onces ont été prélevées sur les stocks depuis 2021 pour compenser ce déséquilibre, une érosion progressive des réserves disponibles qui accroît le risque de tensions sur le marché physique.
Pourquoi l’offre reste limitée
L’argent est rarement extrait seul : une grande partie de la production provient de mines exploitant d’autres métaux, comme le cuivre, le plomb ou le zinc. Cette caractéristique rend l’offre peu réactive — même lorsque les prix augmentent, la production ne peut pas s’ajuster rapidement.
Une demande tirée par l’industrie et l’investissement
L’argent présente un profil rare : à la fois métal précieux et métal industriel, utilisé dans les panneaux solaires, l’électronique, les véhicules électriques, l’équipement médical et de nombreux composants industriels. La demande d’investissement en pièces et lingots reste dynamique, avec une progression estimée à 18 % en 2026, compensant en partie le ralentissement de certains usages industriels.
Faut-il parler de pénurie ?
Le terme de « pénurie » doit être utilisé avec prudence : le marché ne manque pas totalement d’argent, mais fait face à des contraintes d’approvisionnement et à une réduction progressive des stocks mobilisables. Il est donc plus juste de parler de déficit structurel et de marché sous tension.
Ce que cela signifie pour les investisseurs
Ce contexte peut renforcer l’intérêt de l’argent physique dans une logique de diversification patrimoniale. L’argent reste toutefois un métal volatil, dont le prix fluctue selon les cycles industriels, la demande d’investissement et les conditions macroéconomiques — un complément à l’or plutôt qu’un substitut.